Connect with us

Politique

Trump ou Biden : quelles conséquences pour l’Afrique ?

Un nouveau mandat de Donald Trump se traduirait par une aggravation de la crise climatique et un soutien réaffirmé aux autocrates du continent. Mais serait-ce différent en cas de victoire de Joe Biden ?

Si le style souvent brutal et imprévisible du président américain fait le bonheur de ses partisans, il est souvent moins bien vécu par les pays alliés aux États-Unis, comme l’Éthiopie a pu en faire récemment l’amère expérience. Addis Abeba avait pourtant fait beaucoup d’efforts pour se concilier les bonnes grâces de Washington, allant même, comme l’expliquait l’ambassadeur américain Michael Raynor en 2019, jusqu’à associer des officiels américains à certaines discussions ministérielles sur les grands sujets économiques concernant l’Éthiopie.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a donc dû être fort surpris lorsque Donald Trump, fin octobre, a estimé publiquement que son pays n’avait pas respecté ses engagements dans le cadre de la construction du gigantesque barrage Renaissance, sur le Nil, et que les Égyptiens finiraient sans doute par le « faire sauter ». Certains analystes y ont vu une ingérence insupportable et une insulte faite à tout le continent, mais surtout une nouvelle preuve du fait que le président américain ne semble même pas se soucier des intérêts de son propre pays.

Aucun changement à espérer

La situation serait-elle différente si Joe Biden l’emporte ce 3 novembre ? Dans bien des domaines – diplomatie, soutien aux démocraties, multilatéralisme, allègement de la dette ou réchauffement climatique – les deux candidats ont des analyses et des propositions clairement divergentes. Pour ce qui est du soutien économique à l’Afrique par contre, aucun changement majeur ne semble à espérer.

Parmi les conséquences les plus prévisibles d’une réélection de Donald Trump, on peut citer la sortie définitive de l’Accord de Paris sur le climat, engagée en novembre 2019 mais encore en cours. Concrètement, les États-Unis cesseraient alors de contribuer au financement de cet Accord censé coordonner la lutte contre le réchauffement – cela se traduirait par une perte de 3 milliards de dollars – , ce qui aurait sans doute pour effet de pousser d’autres pays à se désengager, ou du moins à réduire leur effort.

Or sur une majeure partie du continent, le changement climatique n’a rien d’une menace hypothétique : la crise est déjà là. Les invasions de criquets en sont une conséquence directe, tout comme les inondations qui frappent régulièrement le Nigéria et ses voisins d’Afrique de l’Ouest, ou la sécheresse de plus en plus marquée qu’on observe au sud.

Copyright © 2020 Exclusive. By Aramis.