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RWANDA : ALINE KABANDA FORME LES FUTURES DIRIGEANTES AFRICAINES

Aline Kabanda, 42 ans, mère de deux enfants, est originaire du Rwanda et a grandi en République démocratique du Congo.

Photo: Shutterstock

Elle est détentrice d’un master en physiothérapie de l’université de Western Cape, en Afrique du Sud. Elle a ensuite enseigné, pendant plus de cinq ans, à l’Institut de santé de Kigali, au département de physiothérapie.

Engagée dans l’éducation des jeunes filles

Engagée à apporter une contribution positive à sa communauté, Aline Kabanda et sept autres femmes ont fondé Ishyo, une ONG rwandaise qui promeut la culture par le biais de la défense des droits, de l’éducation, de la formation et de la production d’œuvres d’art créatives.

Sa passion pour l’autonomisation des femmes via l’éducation l’a dirigée vers l’Institut Akilah.

En 2017, Aline Kabanda a été citée parmi les femmes les plus influentes d’Afrique dans les milieux d’affaires et de gouvernement par CEO global, une organisation sud-africaine célébrant les « female changemakers » du continent.

Elle a remporté le prix régional dans les secteurs de l’éducation et de la formation dans la région des Grands Lacs.

La directrice exécutive d’Akilah a été choisie pour le travail qu’elle accomplit chaque jour au sein de l’institut, où elle est impliquée dans tous les aspects du fonctionnement: activités académiques, recrutement, opérations, logistique, partenariats stratégiques et développement de carrière des étudiantes et du personnel.

Reconnue pour son leadership, elle met toujours en avant le travail d’équipe. Son moment préféré de l’année est la remise des diplômes, car elle peut savourer le fruit du travail réalisé par l’équipe de l’institut.

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les femmes les plus influentes du continent

The Africa Report, Jeune Afrique et le Africa CEO Forum ont établi la liste des dirigeantes les plus en vue du continent. Des leaders encore rares, bien que leur présence contribue à une meilleure performance des entreprises.

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Quand Snowy Khoza a été nommée présidente exécutive de la compagnie d’infrastructures Bigen Africa Group en juillet 2016, rien n’aurait pu la préparer à ce qui allait advenir ensuite. « Le jour où j’ai pris mes fonctions, 70 % des hommes ont démissionné », se remémorait-elle en mars lors du Women Initiative Panel durant le Africa CEO Forum, à Abidjan.

Elle avait beau avoir déjà acquis ses galons de patronne, ses capacités étaient remises en question. « Ils n’avaient jamais été dirigés par une femme, et par une femme noire qui plus est », avait-elle ajouté. Des dirigeantes provenant de tous les coins du continent se sont retrouvées à l’événement organisé par le groupe Jeune Afrique pour partager leurs stratégies afin de combler l’écart de leadership entre les deux sexes.

L’expérience de Snowy Khoza est tout sauf unique ; la plupart des femmes en position de leadership dans leur secteur d’activité ont dû faire face à un moment ou à un autre aux préjugés de genre dans le monde professionnel. Sans compter les difficultés inhérentes à l’ascension vers les sommets.

Partie de loin, l’Afrique a fait des progrès considérables au cours des dernières années. Le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud sont classés parmi les dix pays les plus avancés en matière d’égalité de genre au Parlement en 2017, selon l’ONU. Le Rwanda, qui domine le classement, fait aujourd’hui figure d’exemple de par le monde pour avoir fait de l’émancipation des femmes l’une des clés de son développement. En 2008, le pays d’Afrique de l’Est est devenu le premier dont le gouvernement comprenait une majorité de femmes.

Un long chemin reste à parcourir

Si ces avancées ne peuvent être sous-estimées, un long chemin reste encore à parcourir. D’après l’étude Women Matter Africa réalisée par le cabinet de consultants McKinsey & Co., près de la moitié des femmes qui occupent un poste ministériel ont à leur charge un portefeuille qui a trait aux questions sociales, ne correspondant pas a priori à des rôles de tout premier ordre.

AUJOURD’HUI, À PEINE 29 % DES POSTES DE MANAGERS SENIORS EN AFRIQUE SONT OCCUPÉS PAR DES FEMMES

La situation n’est pas plus enviable dans le secteur privé. Le nombre de femmes directrices générales en Afrique est certes au-dessus des 4 % de la moyenne mondiale. Mais avec 5 % seulement, il n’y a pas encore matière à pavoiser. Les entreprises ont besoin d’un afflux important de talents féminins – de bas en haut de l’échelle – alors qu’aujourd’hui à peine 29 % des postes de managers seniors en Afrique sont occupés par des femmes.

Ibukun Awosika, présidente de la banque nigériane First Bank et l’une des 50 personnalités de notre classement, a évoqué la solitude des sommets. « Mon expérience me fait dire que plus on grimpe, plus on est seule », regrettait-elle lors du Africa CEO Forum 2017. Une observation qui a influencé sa décision de rejoindre un groupe bancaire qui combat l’inégalité de genre dans le monde professionnel.

Plus de femmes = plus de bénéfices

Comme l’ont montré différentes études, les entreprises ne comprennent toujours pas les nombreux avantages d’un leadership plus équilibré entre hommes et femmes. Il existe une corrélation directe entre une représentation égalitaire des genres dans les conseils d’administration et une meilleure performance financière. Selon l’étude précitée du cabinet McKinsey, les 25 % d’entreprises africaines les plus en pointe en matière d’égalité femmes-hommes ont des bénéfices avant intérêts et impôts de 20 % supérieurs à la moyenne de leur secteur.

Dans un rapport de la Société financière internationale (IFC) intitulé « La diversité de genre dans les conseils d’administration ghanéens », Ronke-Amoni Ogunsulire, directrice Ghana de l’IFC, abonde dans ce sens. Elle y écrit qu’il est important de promouvoir la parité entre les sexes et l’augmentation de la participation des femmes dans les conseils d’administration, car celle-ci ajoute de la valeur socialement et économiquement et joue un rôle important dans le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du secteur privé.

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Oulimata Sarr

née à Dakar, est Directrice Régionale du bureau d’ONU Femmes à Dakar, entité mandatée par l’ONU pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, agissant en Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale, et un des membres fondateurs de Africa2.0.

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Oulimata Sarr, née à Dakar, est Directrice Régionale du bureau d’ONU Femmes à Dakar, entité mandatée par l’ONU pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, agissant en Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale, et un des membres fondateurs de Africa2.0.

Biographie

Elle naît et grandit au Sénégal, puis prolonge ses études au Canada, à l’École des Hautes études Commerciales de Montréal (HEC Montréal). Diplômée en 1992, elle termine ses études supérieures à l’Université du Bedforshire en Grande-Bretagne, par une maîtrise en administration des affaires en 2002. Elle commence sa carrière chez Ernst & Young en audit, au Sénégal, puis passe dix ans à la Société financière Internationale, une institution membre du Groupe de la Banque Mondiale, avant de rejoindre les Nations unies. Elle y devient notamment conseillère régionale sur  l’Autonomisation économique des femmes pour ONU Femmes, couvrant l’Ouest et en Afrique Centrale, puis Directrice régionale adjointe d’ONU Femmes, toujours en Afrique de l’Ouest et Afrique centrale. De 1993 à 2005, elle a servi comme Directrice Administrative et Financière de la compagnie aérienne Interair South Africa basée à Johannesburg en Afrique du Sud.

Elle est l’un des membres fondateurs et membre du conseil d’administration d’Africa2.0 , une organisation pan-africaine de la société civile, composée de jeunes et de leaders émergents d’Afrique. Cette organisation s’emploie à favoriser le développement sur le continent. Elle est également membre du Cartier women’s Initiative Awards pour l’Afrique Sub-Saharienne.

Engagement

En tant que Directrice Régionale d’ONU Femmes et dans le cadre de la promotion du programme HeForShe elle signe le , avec Antoine Sire, Directeur de l’Engagement d’entreprise de BNP Paribas, un partenariat pour l’autonomisation économique des femmes agricultrices au Sénégal. Le groupe bancaire subventionnera à hauteur de 1 milliard de FCFA sur une durée de 3 ans les projets PAF et AgriFed

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Collé Sow Ardo, la « reine du pagne tissé »

C’est par son talent et un travail incessant que « la princesse peulh » a fini par séduire l’univers de la mode après avoir triomphé sur les plus prestigieux podiums. Symbole du patrimoine culturel africain, Collé Ardo Sow tisse sa toile sans tambour ni trompette.

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Ses premiers pas dans le milieu, elle les fait en 1972 en Tunisie et s’envole ensuite vers Paris, capitale mondiale de la mode. Mannequinat, études de stylisme, cette ville sera son tremplin. Elle fut mannequin, puis élève à l’Institut de Coupe et de Haute Couture de Paris où elle obtient son diplôme. C’est en 1983, qu’elle organise son premier défilé.

Entreprenante et déterminée, elle en assure toute la chaîne de production, du design au défilé, pour lequel elle endossa sa casquette de mannequin professionnel. Dès cette première confrontation avec le public, émerge ce qui demeura sa signature, le fameux pagne tissé qui remportera alors son franc-succès. Elle doit beaucoup à sa grand-mère qui faisait venir des tisserands qui lui confectionnaient des pagnes. « Elle en avait des malles, non pas pour les vendre, mais pour le plaisir de les offrir, lors de mariages ou baptêmes. Petite, j’aidais les tisserands à faire les fils. L’amour de ma grand-mère pour le pagne est un legs qui m’a beaucoup marqué. J’ai décidé de produire moi-même mes pagnes tissés. Ainsi, pendant trois mois, en compagnie de mes tisserands, on s’est jeté dans l’aventure, avec beaucoup de pagnes à la poubelle, jusqu’à obtention de la bonne formule », explique la styliste.

Collé Ardo Sow crée son label à Dakar, assume le statut de vice-présidente de la Fédération des créateurs africains et voit sa célébrité croître dans le milieu où de plus en plus, on la connait comme « la reine du pagne tissé ». « En fait, le surnom de la ‘’reine du pagne tissé’’ m’a été donné par le présentateur Ambroise Gomis. Cela est dû au fait que je suis la première africaine à utiliser le pagne tissé comme support de travail dans mes créations », révèle celle qui a sillonné les grandes capitales du monde pour mettre en valeur la mode africaine. En 2003, c’est avec panache qu’elle fête ses 20 ans de carrière avec la première édition de Sira Vision, qui, au fil des années, a acquis le rang de grand rendez-vous international de la mode. Sira est aussi le nom de sa fille. Et grâce à Collé, la ville de Dakar est devenue l’une des capitales tournantes de la mode africaine.

La styliste a aussi ouvert à Dakar une école de formation pour 40 ouvriers de la mode et, par la suite, une unité de production. Collé Sow Ardo est une créatrice mais aussi une dénicheuse de talents. Elle vient de fêter ses 30 ans de carrière avec émotion même si elle sait qu’il lui reste beaucoup à faire encore. « Ces 30 ans ont été faciles et difficiles, tristes, malheureux et joyeux. Mais, c’est l’histoire d’une vie. En 30 ans de métier, on a eu le plaisir d’habiller des gens, de rencontrer d’autres qui nous aiment, et la chance d’avoir pu rester toutes ces années dans ce métier. Mais aussi on a connu la déception d’avoir raté des choses. Aujourd’hui, je rends grâce à Dieu qui m’a permis d’en être arrivée là. Je ne regrette pas d’avoir choisi ce métier qui m’a ouvert beaucoup de portes. Je ne retiens que beaucoup d’amour et d’affection », confie cette « baol-baol » qui a été honorée de l’Ordre National des Arts et Lettres du Sénégal.

L’ambassadrice de la mode sénégalaise et africaine a un rêve, c’est celui de voir l’artisanat et la mode sénégalaise conquérir des parts du marché à l’international. Pour ce faire, elle en appelle à une collaboration du milieu des affaires sénégalais dans ce marché d’avenir des plus porteurs.

Professionnelle reconnue, Collé n’en a pas délaissé pour autant sa vie familiale. Elle est mère de sept enfants ! Et la plupart d’entre eux travaillent avec elle.

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