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Mesdames

les femmes les plus influentes du continent

The Africa Report, Jeune Afrique et le Africa CEO Forum ont établi la liste des dirigeantes les plus en vue du continent. Des leaders encore rares, bien que leur présence contribue à une meilleure performance des entreprises.

Photo: Shutterstock

Quand Snowy Khoza a été nommée présidente exécutive de la compagnie d’infrastructures Bigen Africa Group en juillet 2016, rien n’aurait pu la préparer à ce qui allait advenir ensuite. « Le jour où j’ai pris mes fonctions, 70 % des hommes ont démissionné », se remémorait-elle en mars lors du Women Initiative Panel durant le Africa CEO Forum, à Abidjan.

Elle avait beau avoir déjà acquis ses galons de patronne, ses capacités étaient remises en question. « Ils n’avaient jamais été dirigés par une femme, et par une femme noire qui plus est », avait-elle ajouté. Des dirigeantes provenant de tous les coins du continent se sont retrouvées à l’événement organisé par le groupe Jeune Afrique pour partager leurs stratégies afin de combler l’écart de leadership entre les deux sexes.

L’expérience de Snowy Khoza est tout sauf unique ; la plupart des femmes en position de leadership dans leur secteur d’activité ont dû faire face à un moment ou à un autre aux préjugés de genre dans le monde professionnel. Sans compter les difficultés inhérentes à l’ascension vers les sommets.

Partie de loin, l’Afrique a fait des progrès considérables au cours des dernières années. Le Rwanda, le Sénégal et l’Afrique du Sud sont classés parmi les dix pays les plus avancés en matière d’égalité de genre au Parlement en 2017, selon l’ONU. Le Rwanda, qui domine le classement, fait aujourd’hui figure d’exemple de par le monde pour avoir fait de l’émancipation des femmes l’une des clés de son développement. En 2008, le pays d’Afrique de l’Est est devenu le premier dont le gouvernement comprenait une majorité de femmes.

Un long chemin reste à parcourir

Si ces avancées ne peuvent être sous-estimées, un long chemin reste encore à parcourir. D’après l’étude Women Matter Africa réalisée par le cabinet de consultants McKinsey & Co., près de la moitié des femmes qui occupent un poste ministériel ont à leur charge un portefeuille qui a trait aux questions sociales, ne correspondant pas a priori à des rôles de tout premier ordre.

AUJOURD’HUI, À PEINE 29 % DES POSTES DE MANAGERS SENIORS EN AFRIQUE SONT OCCUPÉS PAR DES FEMMES

La situation n’est pas plus enviable dans le secteur privé. Le nombre de femmes directrices générales en Afrique est certes au-dessus des 4 % de la moyenne mondiale. Mais avec 5 % seulement, il n’y a pas encore matière à pavoiser. Les entreprises ont besoin d’un afflux important de talents féminins – de bas en haut de l’échelle – alors qu’aujourd’hui à peine 29 % des postes de managers seniors en Afrique sont occupés par des femmes.

Ibukun Awosika, présidente de la banque nigériane First Bank et l’une des 50 personnalités de notre classement, a évoqué la solitude des sommets. « Mon expérience me fait dire que plus on grimpe, plus on est seule », regrettait-elle lors du Africa CEO Forum 2017. Une observation qui a influencé sa décision de rejoindre un groupe bancaire qui combat l’inégalité de genre dans le monde professionnel.

Plus de femmes = plus de bénéfices

Comme l’ont montré différentes études, les entreprises ne comprennent toujours pas les nombreux avantages d’un leadership plus équilibré entre hommes et femmes. Il existe une corrélation directe entre une représentation égalitaire des genres dans les conseils d’administration et une meilleure performance financière. Selon l’étude précitée du cabinet McKinsey, les 25 % d’entreprises africaines les plus en pointe en matière d’égalité femmes-hommes ont des bénéfices avant intérêts et impôts de 20 % supérieurs à la moyenne de leur secteur.

Dans un rapport de la Société financière internationale (IFC) intitulé « La diversité de genre dans les conseils d’administration ghanéens », Ronke-Amoni Ogunsulire, directrice Ghana de l’IFC, abonde dans ce sens. Elle y écrit qu’il est important de promouvoir la parité entre les sexes et l’augmentation de la participation des femmes dans les conseils d’administration, car celle-ci ajoute de la valeur socialement et économiquement et joue un rôle important dans le renforcement des capacités institutionnelles et le développement du secteur privé.

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