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Intelligence artificielle, robots et concurrence Nissan-Tesla

À l’heure de la réouverture des Émirats arabes unis au tourisme, Dubaï a accueilli en s’entourant de précautions, sa première grande conférence depuis le confinement : Artificial Intelligence Everything.

Photo: Shutterstock

Nous y avons interrogé plusieurs PDG de grands groupes de la région sur la manière dont l’intelligence artificielle pouvait aider les entreprises à rebondir en cette période de pandémie.

Jane Witherspoon, euronews :

« En quoi le comportement de vos clients a-t-il évolué ces derniers mois ? Quelle est la dynamique de la vente au détail ? Et de quelle manière l’intelligence artificielle (IA) change-t-elle la donne pour ces nouveaux consommateurs ? »

Hani Weiss, PDG de Majid Al Futtaim Retail :

« La personnalisation contribue à une meilleure consommation : les clients perdent moins de temps et ont la garantie que nous les aidons à choisir. Imaginez : grâce à l’IA, nous sommes capables de nous mettre à la place de nos clients. Elle nous permet de nous améliorer et d’adopter davantage de technologies, de répondre aux besoins de nos clients et même de les anticiper. Tous nos employés – plus de 37.000 personnes – ont été formés spécifiquement à l’intelligence artificielle, ils comprennent tous l’importance des données. Et même ceux qui sont en première ligne, en caisse, comprennent que chaque clic sera positif pour nos clients. »

« Les données sont le carburant qui alimente notre activité »

Jane Witherspoon :

« L’une des constantes au sein des grandes entreprises, c’est l’analyse de données. Ce qui pose la grande question de la protection de la vie privée et de la sécurité. Comment agissez-vous en la matière s’agissant des informations personnelles ? »

Mudassir Sheikha, cofondateur et PDG de Careem :

« En tant qu’entreprise avancée du numérique, les données font partie des choses les plus importantes pour nous. Nous n’avons pas d’usine ou autre. Donc les données représentent le carburant qui alimente notre activité. Nous nous concentrons sur trois éléments : premièrement, nous voulons nous assurer d’avoir les meilleurs spécialistes dans ce domaine. Deuxièmement, l’infrastructure et les systèmes qui sécurisent nos données sont essentiels : la majeure partie de nos données est hébergée dans le cloud et nous avons quantité de matériels et de logiciels qui assurent la protection des données. Et troisièmement, nous faisons attention aux procédures utilisées pour gérer les données. »

« Des commandes en ligne qui augmentent de 1000% »

Jane Witherspoon :

« Quelle leçon tirez-vous de cette pandémie et de la manière dont l’intelligence artificielle s’intègre à votre activité ? »

Hani Weiss :

« Sur internet, nous avons enregistré une hausse spectaculaire du nombre de commandes. La hausse a atteint près de 300%, 400%. Et dans un pays comme l’Arabie saoudite, c’était très proche des 1000%. Et ce que nous avons constaté au cours de cette pandémie et qui est vraiment étonnant, c’est que 28% des clients qui on fait un achat sur internet pendant le confinement ne l’avaient jamais fait auparavant. »

Mudassir Sheikha :

« On s’est dit que si on pouvait faire ce lien entre monde réel et virtuel dans l’accès à des services dont les gens ont concrètement besoin en devenant une super application, alors on aidera nos clients à être plus efficaces et on contribuera à une société plus productive et à la croissance économique. »

Des robots plébiscités dans l’industrie alimentaire

Tout comme l’intelligence artificielle, la pandémie favorise l’automatisation dans la plupart des secteurs. Le secteur de l’alimentation et des boissons ne fait pas exception : les robots qui préparent des burgers ou des salades ont la cote.

La pandémie alimente la demande en robots dotés de capacités culinaires. Une tendance antérieure au coronavirus devenue nécessaire selon certains.

Nissan sur les rangs pour concurrencer Tesla

En juillet, Tesla est devenu le constructeur automobile avec la plus grande capitalisation boursière. Ses concurrents tentent de tenir le rythme imposé par ce groupe qui innove malgré son PDG controversé, le cours volatile de ses actions et son incapacité à produire en masse plusieurs de ses prototypes.

Malgré la fermeture pendant sept semaines de son usine de montage aux États-Unis, le fabricant de voitures électriques Tesla a créé la surprise en annonçant un bénéfice net de 90 millions d’euros au deuxième trimestre 2020 après avoir pris à Toyota, son titre de constructeur le mieux valorisé en bourse.

Mais la concurrence n’a pas dit son dernier mot. Le PDG de Nissan a récemment présenté en grande pompe la nouvelle Nissan Ariya. « Aujourd’hui, nous lançons une voiture qui est plus qu’une voiture : Ariya représente un nouveau chapitre, un nouveau visage, un nouveau langage, » a fait remarquer Makoto Uchida.

Nissan a certainement hâte de tourner la page d’une année marquée par des pertes d’environ 5,3 milliards d’euros et par la cavale de son ancien PDG Carlos Ghosn suite à des allégations de corruption. Alors, ce SUV électrique est une lueur d’espoir pour le groupe japonais.

Une nouvelle génération de voitures électriques ?

« Je pense qu’avec le lancement de la Nissan Ariya, c’est la nouvelle génération des voitures électriques qui arrive sur le marché, » estime Jim Holder, directeur de la rédaction de Autocar Magazine. _ »Nissan, évidemment, s’est placé sur ce segment très tôt. Le groupe a fait partie des pionniers avec la Nissan LEAF, mais c’était déjà il y a plus de dix ans, » c_oncède-t-il.

Makoto Fukuda, responsable produits chez Nissan Development, renchérit : « En termes de concurrence, il y a certes de nombreux constructeurs de véhicules électriques performants, mais notre avantage, c’est que nous avons lancé la LEAF en 2010, un modèle qui représente la première production en masse d’une voiture électrique. Donc nous avons une base de clientèle immense du fait de la LEAF et nous avons pu apprendre beaucoup auprès de nos clients qui ont acquis la LEAF, » déclare-t-il.

« Il faut vraiment se réjouir que des voitures électriques réussissent à correspondre et même à éclipser à de nombreux égards, les voitures que nous avions l’habitude de conduire depuis cent ans, voire plus, » s’enthousiasme le journaliste Jim Holder.

Les crossover comme le dernier né japonais ont représenté 40% des ventes récentes de voitures aux États-Unis. Avec un prix similaire, Nissan espère avec son Ariya, prendre des parts de marché au modèle Y de Tesla. Les prochains mois nous diront si cette nouvelle voiture électrique fera entrer l’entreprise japonaise dans une nouvelle ère.

« C’est de l’automatisation alimentaire et c’est une tendance forte, » souligne Rick Wilmer, PDG de Chowbotics. « Et la Covid-19 va l’accélérer, » affirme-t-il, « parce que les gens s’inquiètent de l’intervention humaine dans la préparation de leur nourriture et de la propagation de la maladie. Donc si on peut enlever les hommes de l’équation, d’une manière ou d’une autre, et les remplacer par des robots, les gens auront tendance à penser que c’est plus sûr, » assure-t-il.

L’impact sur les emplois est réel même si les entreprises de robotique disent ne pas vouloir se passer des humains.

« Ce n’est pas pour remplacer les employés, » assure Jamie Richardson, vice-président de White Castle. « On voit cela comme un renforcement de l’équipe : cela libère de certaines tâches pour se concentrer sur l’accueil, » indique-t-il.

Un engouement passager

Mais certains experts ont des doutes sur la capacité des robots à remplacer les hommes dans l’alimentaire sur le long terme.

« Est-ce que ces propositions robotisées peuvent rivaliser avec les restaurants qui en ce moment, deviennent eux-mêmes de simples points de vente ? Pour moi, elles fonctionnent plus ou moins, mais je reste sceptique, » estime Max Elder, directeur de recherche à l’organisation Institute for the Future. « Si elles ont du succès, ce sera pendant la pandémie ; après, elles disparaîtront aussi vite qu’elles sont apparues, » prévient-il. « Quand on automatise la préparation, la présentation et le partage de la nourriture, je suis convaincu que l’on perd le sens du repas, de cette expérience et de ce que cela veut dire nourrir et être nourri, » dit-il.

Peut-être faut-il un bon dosage entre des étapes automatisées en cuisine et des pincées d’humanité dans la création et le partage…

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Kabirou Mbodje – PDG de Wari

Photo: Shutterstock

Un mois après avoir acheté l’opérateur sénégalais Tigo, Kabirou Mbodje, le jeune patron de Wari revient sur le succès et la stratégie de sa plateforme de services financiers et non financiers. Laquelle répond pleinement aux besoins de la population, selon Kabirou Mbodje.

Un mois après avoir acheté l’opérateur sénégalais Tigo, Kabirou Mbodje, le jeune patron de Wari revient sur le succès et la stratégie de sa plateforme de services financiers et non financiers. Laquelle répond pleinement aux besoins de la population, selon Kabirou Mbodje.

Entretien avec Hichem Ben Yaïche et Guillaume Weill-Raynal

Vous êtes au coeur de la révolution numérique de l’Afrique et Wari affiche une très forte croissance. Quels sont les secrets de cette réussite ?

En 2008, nous sommes partis du constat que l’Afrique a un rôle bien spécifique à jouer dans le secteur du digital qui prend place partout dans le monde, dans la mesure où la structure même de la culture économique africaine se prête à une « ubérisation » de l’emploi et du tissu économique : les gens y sont entrepreneurs.

Même lorsqu’ils sont à l’intérieur d’une structure, ils travaillent aussi pour leur propre compte. Dès lors, le monde du travail en Afrique apparaît comme un terrain propice au développement des nouveaux services et des nouvelles fonctionnalités digitales, qui intéressent tant à travers le monde.

Les gens ne se sont pas rendu compte que l’économie mondiale a changé. Mais ce changement est inéluctable ! Demain, les gens travailleront dans les entreprises en étant leur propre patron. Ils auront une entreprise à l’intérieur de l’entreprise. Et ils pourront travailler pour plusieurs entreprises.

Nous avons modélisé une plateforme qui permette de répondre à cette organisation économique selon un standard spécifique à l’Afrique, de manière à organiser toute une offre de services qui corresponde aux besoins des gens. Cette idée qui a été le soubassement de Wari explique son succès : elle répondait à une attente des populations.

En quoi peut-on parler, à propos de votre plateforme et de votre application, d’une solution africaine dans sa conception, dans sa manière de répondre aux besoins de vos clients ?

Notre activité a trouvé son origine en Afrique, parce que, comme je viens de le dire, le marché africain est propice à l’éclosion des nouvelles technologies et de l’économie digitale. Les conditions étaient donc réunies, et nous avons décidé de lancer nos activités à partir de l’Afrique. Mais notre vision était aussi d’offrir des services de façon globale à tous les pays du monde et à l’ensemble des populations de la planète.

De quelle manière vous situez-vous par rapport à des institutions comme les banques ou les opérateurs téléphoniques ?

Chacun, par essence, possède son activité propre : les banques offrent des services financiers, et les opérateurs offrent des services de télécoms aux populations. Wari s’est positionné au milieu comme un agrégateur.

Nous avons créé une plateforme de services standardisée qui agrège l’ensemble des acteurs, au sein d’un écosystème où chacun aménage sa place. Nous présentons ainsi l’avantage d’être une plateforme complètement neutre qui contribue à générer des emplois.

Pour donner un exemple, dans un pays comme le Sénégal – bien que nous soyons présents sur près d’une soixantaine de pays à travers l’Afrique et le monde –, nous avons déjà créé plus de 18 000 emplois directs.

Nous disposons aujourd’hui, en propre et à travers nos partenariats, de plus de 500 000 points installés. Au-delà de ces chiffres, le plus important tient dans cette capacité qu’a notre plateforme de contribuer à la création de cet écosystème qui sera utilisé en Europe, en Asie ou aux États-Unis, de la même façon qu’il est utilisé en Afrique. C’est de cette capacité que Wari tire sa force et ses perspectives futures de développement.

Comment l’interaction se fait entre toutes les structures qui viennent s’agréger à votre système ?

Elle se déroule de façon très simple dans la mesure où c’est le client – la population – qui est au centre même de cette stratégie, et que ce client n’a besoin, finalement, que d’un service et… de confort. C’est universel.

Chacun a besoin de plus de confort. Cela veut dire que chacun a besoin de gagner un peu plus d’argent, et pour ce faire d’être connecté, d’avoir accès à l’ensemble des services offerts de par le monde.

Chaque acteur présent sur la plateforme offre une portion de ces services-là. C’est cet écosystème dont je vous parlais : les banques vont pouvoir offrir des services bancaires et Wari, grâce à la plateforme, va permettre de « customiser » l’offre pour la rendre visible aux populations.

Les opérateurs télécoms sont aussi en train de migrer vers les secteurs financiers qui constituent autant de relais de croissance nécessaires car leur marque d’opérateur perd toute valeur hors des frontières de leur licence.

La société s’est donc positionnée pour faire en sorte que quel que soit l’acteur, quel que soit son profil ou son secteur d’activité, notre plateforme lui permette de toucher la totalité des populations dans le monde.

Comment recherchez-vous les compétences ? Quels sont les profils professionnels dont vous avez besoin ?

Notre base, c’est le développement. La structure de la plateforme et des services que nous voulons offrir est définie par des ingénieurs télécoms, des développeurs et des architectes.

Nous faisons également appel à des monéticiens pour les cartes à travers lesquels nous offrons toutes sortes de prestations : services marchands, paiement de l’eau, de l’électricité, des salaires, des pensions, transferts d’argent, prêts bancaires, épargne, etc.

Chaque secteur fait appel aux compétences les plus diverses que nous recrutons aussi bien par notre plateforme ou des sociétés satellites que par nos partenaires.

Quelle est la part du soft power, c’est-à-dire la partie conception des progiciels ?

Elle est énorme, déterminante ! Elle part d’abord d’un constat et d’une analyse des marchés que nous voulons conquérir, qui passe par une étude précise des habitudes et du comportement des gens à qui nous voulons pouvoir offrir des services adaptés.

C’est une phase très importante dans laquelle je m’implique personnellement, pour coller le plus près aux besoins des populations que nous voulons toucher.

Nous avons modélisé une plateforme qui permette de répondre à cette organisation économique selon un standard spécifique à l’Afrique, de manière à organiser toute une offre de services qui corresponde aux besoins des gens. Cette idée qui a été le soubassement de Wari explique son succès : elle répondait à une attente des populations.

En quoi peut-on parler, à propos de votre plateforme et de votre application, d’une solution africaine dans sa conception, dans sa manière de répondre aux besoins de vos clients ?

Notre activité a trouvé son origine en Afrique, parce que, comme je viens de le dire, le marché africain est propice à l’éclosion des nouvelles technologies et de l’économie digitale. Les conditions étaient donc réunies, et nous avons décidé de lancer nos activités à partir de l’Afrique. Mais notre vision était aussi d’offrir des services de façon globale à tous les pays du monde et à l’ensemble des populations de la planète.

De quelle manière vous situez-vous par rapport à des institutions comme les banques ou les opérateurs téléphoniques ?

Chacun, par essence, possède son activité propre : les banques offrent des services financiers, et les opérateurs offrent des services de télécoms aux populations. Wari s’est positionné au milieu comme un agrégateur.

Nous avons créé une plateforme de services standardisée qui agrège l’ensemble des acteurs, au sein d’un écosystème où chacun aménage sa place. Nous présentons ainsi l’avantage d’être une plateforme complètement neutre qui contribue à générer des emplois.

Pour donner un exemple, dans un pays comme le Sénégal – bien que nous soyons présents sur près d’une soixantaine de pays à travers l’Afrique et le monde –, nous avons déjà créé plus de 18 000 emplois directs.

Nous disposons aujourd’hui, en propre et à travers nos partenariats, de plus de 500 000 points installés. Au-delà de ces chiffres, le plus important tient dans cette capacité qu’a notre plateforme de contribuer à la création de cet écosystème qui sera utilisé en Europe, en Asie ou aux États-Unis, de la même façon qu’il est utilisé en Afrique. C’est de cette capacité que Wari tire sa force et ses perspectives futures de développement.

Comment l’interaction se fait entre toutes les structures qui viennent s’agréger à votre système ?

Elle se déroule de façon très simple dans la mesure où c’est le client – la population – qui est au centre même de cette stratégie, et que ce client n’a besoin, finalement, que d’un service et… de confort. C’est universel.

Chacun a besoin de plus de confort. Cela veut dire que chacun a besoin de gagner un peu plus d’argent, et pour ce faire d’être connecté, d’avoir accès à l’ensemble des services offerts de par le monde.

Chaque acteur présent sur la plateforme offre une portion de ces services-là. C’est cet écosystème dont je vous parlais : les banques vont pouvoir offrir des services bancaires et Wari, grâce à la plateforme, va permettre de « customiser » l’offre pour la rendre visible aux populations.

Les opérateurs télécoms sont aussi en train de migrer vers les secteurs financiers qui constituent autant de relais de croissance nécessaires car leur marque d’opérateur perd toute valeur hors des frontières de leur licence.

La société s’est donc positionnée pour faire en sorte que quel que soit l’acteur, quel que soit son profil ou son secteur d’activité, notre plateforme lui permette de toucher la totalité des populations dans le monde.

Comment recherchez-vous les compétences ? Quels sont les profils professionnels dont vous avez besoin ?

Notre base, c’est le développement. La structure de la plateforme et des services que nous voulons offrir est définie par des ingénieurs télécoms, des développeurs et des architectes.

Nous faisons également appel à des monéticiens pour les cartes à travers lesquels nous offrons toutes sortes de prestations : services marchands, paiement de l’eau, de l’électricité, des salaires, des pensions, transferts d’argent, prêts bancaires, épargne, etc.

Chaque secteur fait appel aux compétences les plus diverses que nous recrutons aussi bien par notre plateforme ou des sociétés satellites que par nos partenaires.

Quelle est la part du soft power, c’est-à-dire la partie conception des progiciels ?

Elle est énorme, déterminante ! Elle part d’abord d’un constat et d’une analyse des marchés que nous voulons conquérir, qui passe par une étude précise des habitudes et du comportement des gens à qui nous voulons pouvoir offrir des services adaptés.

C’est une phase très importante dans laquelle je m’implique personnellement, pour coller le plus près aux besoins des populations que nous voulons toucher.

Quelle est votre ambition aujourd’hui ? Vos solutions sont-elles prêtes à conquérir d’autres territoires ?

La plateforme n’a jamais été conçue pour une zone particulière. Nous sommes présents dans quarante pays africains dont la majeure partie est anglophone.

Mais nous sommes aussi actifs dans les pays lusophones et la plateforme est disponible en russe, en anglais, en italien, en espagnol, en français, en arabe… Notre vocation est d’être universel et de pouvoir servir l’ensemble des populations.

La pénétration des marchés se déroule de façon plus ou moins rapide, selon les opportunités ou les circonstances. Notre objectif final vise à ce que chaque personne puisse transporter Wari avec lui au quotidien pour satisfaire ses besoins.

Vous privilégiez des alliances ou l’extension de votre système d’applications ?

Il est très difficile de se développer globalement sans alliances. Notre concept est inclusif, car le développement des pays et des services passe forcément par une inclusion et une fédération des énergies.

Aujourd’hui, Wari, a des concurrents partout, puisque les offres concurrentes coexistent sur tous les services, dans chaque secteur d’activité. Mais Wari tire sa force et son caractère unique de ce qu’elle est une plateforme ouverte, complètement neutre, qui peut agréger un nombre presque illimité de services et de secteurs. N’importe quel acteur, dès qu’il sent que Wari lui offre la possibilité d’étendre ses offres, peut nous rejoindre. Et nous l’accueillons avec plaisir.

Comment vos concurrents vous regardent-ils ? Non seulement vos concurrents directs, mais des opérateurs comme Orange, par exemple ?

Des opérateurs sont multiples, un peu partout dans le monde, dans les pays où nous opérons. Ils sont concurrents au même titre que les banques ou tout autre acteur qui offre des services aux populations.

Mais sortis de leur pays, les opérateurs n’ont plus de marge de manoeuvre. La concurrence est saine parce qu’elle permet d’affiner l’offre et de la rendre encore plus attractive, avec des coûts toujours plus adaptés aux besoins.

Nous ne la voyons pas comme quelque chose de négatif, ni sur les services propres, ni sur le partenariat dans la mesure où Wari essaye de créer une communauté au même titre que Facebook, WhatsApp, ou d’autres structures de masse. Reconnaissons-le, les opérateurs télécoms se positionnent dans nos sphères d’activité, ce qui peut nous concurrencer.

D’où le rachat de Tigo ?

Effectivement. L’acquisition de Tigo entre en ligne droite de notre stratégie d’offrir encore plus de proximité et de confort aux populations des marchés que nous visons. Pour pouvoir atteindre les gens, il faut qu’ils soient connectés. Tigo nous permet aujourd’hui de créer une communauté, de faire en sorte que les services Wari soient disponibles partout sans contraintes et sans barrières de communication.

Voilà pour l’idée globale. Mais l’opération est aussi un signal fort à l’échelle du Sénégal. Le président de la République nous a manifesté son soutien pour que le patronat sénégalais et les nationaux se regroupent autour de leur champion.

C’est aussi un signal pour l’Afrique pour que le patronat africain commence à se rendre compte qu’il faut aller à la bataille pour développer ensemble le continent, pour en faire un marché unique qui, une fois connecté au monde, puisse peser de tout son poids dans le marché global.

Vous incarnez cette jeunesse africaine dynamique : comment regardez-vous cette transformation de l’Afrique aujourd’hui, entre espoir et pessimisme ?

Ma vision est très positive. La réalité africaine est complètement différente de certaines idées arrêtées ou de certaines images diffusées un peu partout dans le monde. Nous assistons à la naissance d’une économie digitale africaine, dont nous ne voyons encore que les prémices.

Dans le reste du monde, et notamment en Europe, cette mutation a rencontré des difficultés de mise en oeuvre parce qu’elle venait remplacer des systèmes anciens. Il y a eu de grands débats sur l’emploi, les salariés versus les entrepreneurs, etc.

Les gens ne se sont pas rendu compte que l’économie mondiale a changé. Mais ce changement est inéluctable ! Demain, les gens travailleront dans les entreprises en étant leur propre patron. Ils auront une entreprise à l’intérieur de l’entreprise. Et ils pourront travailler pour plusieurs entreprises.

Contrairement à ce que disent certains, tout le monde y trouvera son compte. Bien sûr, il y aura des gens qui ne sauront pas prendre ce train. Il faudra que les administrations, les États, accompagnent certains, mais l’évolution est inéluctable et nous devons demeurer optimistes.

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Akon a un budget de 6 milliards pour construire sa propre ville au Sénégal

L’artiste veut en faire une ville futuriste écotouristique utilisant sa propre cryptomonnaie, le Akoin.

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Le chanteur américain a annoncé sur Instagram au début de l’année 2020 qu’il était officiellement le propriétaire d’une toute nouvelle ville dans son pays d’origine, le Sénégal. Akon City sera une ville entièrement autonome, financée en partie par le tourisme en accord avec le gouvernement sénégalais. « Je viens juste de terminer les accords pour Akon City au Sénégal. Très impatient de vous y recevoir bientôt« , avait-il alors déclaré.

L’objectif étant de développer les atouts du Sénégal pour les voyageurs du monde entier et ainsi de gonfler l’économie locale. Pour parvenir à ses fins, le rappeur a affirmé le mardi 16 juin que pas moins de six milliards de dollars allaient être investis par la société d’ingénierie KE International dans son projet révolutionnaire.

En plus du développement touristique, la ville devrait aussi permettre une expérience inédite en termes d’échanges financiers. En effet, la monnaie utilisée sur place sera le Akoin, une cryptomonnaie créée par Akon pour aider les monnaies africaines à se stabiliser dans leur ensemble. Le but pour Akon est de relancer certaines monnaies africaines à la dérive, pourries par l’inflation et la corruption.

La construction de la ville devra cependant se faire en plusieurs étapes. D’ici 2023, des routes, un hôpital, un centre commercial, un commissariat, une station de traitement des déchets, une école et une centrale électrique devraient d’abord être bâtis. Des parcs, des universités, un complexe sportif et un stade seront ensuite construits d’ici à 2029. La dernière étape sera alors de faire venir des entreprises qui travailleront sur sa cryptomonnaie.

 

Cela fait un moment qu’Akon travaille sur ce projet de ville moderne et touristique. L’artiste en avait déjà discuté avec le président sénégalais Macky Sall en 2018 alors que celui-ci venait de lui donner un terrain de 2 000 hectares, proche du nouvel aéroport international du Sénégal.

Cette nouvelle ville constitue une des actions d’Akon en Afrique. Il est aussi à la tête de Lighting Africa, une organisation qui aide les zones africaines sans électricité à trouver des solutions énergétiques. Et d’un autre côté, le projet Akon Lighting America Initiative développe des énergies renouvelables et compétitives aux États-Unis afin d’investir les bénéfices en Afrique.

Dans une interview avec Nick Cannon sur la radio Power 106FM à Los Angeles, Akon s’était montré frustré par le manque d’investissement de ses confrères qui ont réussi dans la musique ou le divertissement : « Si tu es assis sur un milliard de dollars à la banque, alors qu’il y a tous ces gens qui souffrent et se battent pour leur survie, c’est complètement fou pour moi, c’est du gâchis ».

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Qui sont les hommes clés du réseau africain de Patrick Pouyanné

Et harum quidem rerum facilis est et expedita distinctio. Nam libero tempore, cum soluta nobis est eligendi.

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Fins connaisseurs du continent, état-major du géant pétrolier, poids lourds du patronnat français… Les connexions africaines du PDG de Total.

Le patron de Total sait que les prochains mois vont être difficiles pour son groupe, qui a annoncé en mars 4 milliards d’euros de coupes dans les investissements (-25 %). Cela touchera fatalement le continent (25 % de la production, près d’un tiers du budget d’exploration et 4 500 stations-services).

Pour autant, le polytechnicien de 57 ans, insatiable curieux et infatigable voyageur, qui a vécu sa première expatriation professionnelle en Angola, croit fermement au destin africain de son groupe. Il mise sur la filière gazière – moins polluante – au Mozambique, ainsi que sur la production et la distribution d’énergies renouvelables.

Les VIP

Politiquement à droite – il a été conseiller de François Fillon au ministère de l’Industrie, et en est resté proche – Patrick Pouyanné est actif au sein du Medef. Il y fréquente notamment Patrick Drahi, PDG d’Altice, qui a été son condisciple à Polytechnique (promotion 1983).

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