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Hommage à Babacar Touré, vétéran des médias indépendants au Sénégal

Photo: Shutterstock

Décédé à 69 ans, Babacar Touré, fondateur du Groupe Sud et ancien président du CNRA, était l’un des principaux pionniers des médias indépendants au Sénégal. Son confrère Pape Samba Kane, qui a longtemps cheminé à ses côtés, lui rend un dernier hommage.

L’éloge funèbre comporte des difficultés dont la plus ardue est de ne pas se laisser aller à parler de soi autant, sinon plus, que du défunt. Or évoquer la mémoire de Babacar Touré, journaliste et patron de presse, c’est à la fois revisiter le parcours de celui qui fut un ami durant ces vingt dernières années, un confrère respecté et estimé depuis quarante ans et le protagoniste d’une odyssée à laquelle j’ai moi-même participé : celle de la création de médias indépendants dans le Sénégal des années 1980.

Babacar Touré fut en effet le fondateur du groupe Sud Communication, qui a joué un rôle central, avec d’autres organes de presse, dans l’approfondissement de la démocratie au Sénégal. Sud Hebdo, s’il ne fut pas le premier titre lancé par « BT » et ses amis, a en tout cas fait office de navire amiral lors des premières batailles – toujours décisives – que menèrent les animateurs de cette presse émergente et plurielle du milieu des années 1980, jusque vers le milieu des années 1990. Une période qu’au Sénégal on qualifiait d’ »années de braise ».

Le pays, alors présidé par le socialiste Abdou Diouf, et qui n’avait jamais connu d’alternance politique, vit alors émerger quelques titres emblématiques du combat pour les libertés politiques et civiques, à commencer par la liberté de la presse. Par ordre d’apparition : Le Cafard Libéré (un hebdomadaire satirique dont je fus l’un des cofondateurs), Sud Hebdo (où officiait Babacar Touré), Walfadjri (dans son format tabloïd) et Le Témoin. Ces quatre hebdomadaires, surnommés à l’époque « Les Quatre Mousquetaires », gagnèrent d’âpres combats, de concert ou chacun de leur côté, selon leur ligne éditoriale, leurs ambitions, leurs moyens respectifs…

Parti de presque rien

Mais toujours – en dépit d’une concurrence parfois rude – ils surent rester solidaires dès lors qu’il s’agissait de protéger la profession, les entreprises de presse, les journalistes.. Comme le rappelle Babacar Touré dans une vidéo qui circule depuis quelques jours, tirée d’une intervention devant de jeunes journalistes juste après qu’il a quitté la présidence du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA), la concurrence est nécessaire « quand elle est saine et salutaire ». C’est suivant ce principe que le groupe Sud, parti de presque rien, s’est rapidement hissé au rang de plus puissante entreprise de presse du Sénégal.

Avant cela, Babacar Touré avait dû prendre ses responsabilités. En 1985, à la tête d’un groupe de jeunes journalistes qui se sentaient à l’étroit dans le carcan du quotidien national Le Soleil, média d’Etat par excellence, où les salaires tombent à chaque fin de mois et où la sécurité de l’emploi est garantie, BT décide d’abandonner cette quasi-sinécure pour se lancer dans ce qui, alors, relevait d’une véritable aventure : la presse indépendante.

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