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Politique

En Éthiopie, la menace d’une guerre civile

En proie depuis plusieurs mois à des tensions dans plusieurs de ses régions, l’Éthiopie semble désormais prise dans une dangereuse escalade avec l’Etat du Tigré.

Quel est l’élément déclencheur du conflit qui a éclaté, mardi 3 novembre, entre le pouvoir central éthiopien et les autorités du Tigré, ce petit Etat régional de 6 millions d’habitants situé dans le nord du second pays le plus peuplé d’Afrique (110 millions d’habitants), à la frontière avec l’Erythrée ?

S’il est incontestable que les deux parties ont fait preuve d’une détermination implacable dans leur volonté de se diriger vers ce conflit annoncé et redouté depuis plusieurs mois, il reste à éclaircir ce qui a mis le feu aux poudres dans ce pays en proie à de nombreuses tensions, exposé au risque d’une implosion plus généralisée.

Selon le premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, c’est l’attaque de forces du Tigré, mardi, contre plusieurs positions des forces armées fédérales, notamment à Mekele, la capitale de l’Etat régional, qui expliquerait la réplique de ses forces, estimant que les autorités tigréennes ont franchi « la dernière ligne rouge » après une série de provocations. Les autorités locales tigréennes, de leur côté, avaient répété que le mandat du premier ministre et des autorités fédérales venaient d’expirer, faute d’avoir vu se tenir des élections générales courant 2020 – repoussées à 2021.

Ce conflit, en réalité, avait été préparé « depuis des semaines, voire des mois », selon une source bien informée. Il a été déclenché, selon cette même source, tandis que la planète était, comme prévu, absorbée par les élections aux Etats-Unis.

Rhétorique guerrière

Le calendrier était clair : fin octobre, les autorités du Tigré avaient annoncé cesser de reconnaître la légitimité du pouvoir central éthiopien et en prélude, le 9 septembre, le Tigré avait tenu ses propres élections législatives contre l’avis d’Addis-Abeba. Le parti au pouvoir à Mekele, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dont le chef, Debretsion Gebremichael, est aussi à la tête de l’Etat régional, les avait emportées avec plus de 98 % des voix.

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