Nouveau rebondissement dans l’interminable feuilleton du « FIFAgate », cette myriade de scandales politico-financiers, de règlements de comptes et de procédures pénales en lien avec la Fédération internationale de football (FIFA). Selon les informations du Monde, une dénonciation a été déposée, le 26 octobre, auprès du Comité international olympique (CIO) contre l’un de ses principaux membres : le président de la FIFA, Gianni Infantino, visé par plusieurs plaintes et une enquête pénale en Suisse.

Dans cette « requête », que Le Monde a consultée, la société helvétique Sport 7 – spécialisée dans le management dans le milieu sportif et qui a commencé en 2017 à « s’attaquer à la zone de non-droit du milieu des agents du football »  demande à la commission exécutive du CIO « d’ouvrir immédiatement une enquête à l’encontre de M. Infantino en vue de son exclusion du CIO et qu’elle le suspende provisoirement dans l’intervalle, comme les articles 3.8 et 59 de la charte olympique en prévoient la possibilité ».

Représenté par son avocat et l’un de ses associés-gérants, Philippe Renz, Sport 7 avait déposé, en mai, auprès de la justice suisse, une « dénonciation pénale » contre l’ex-procureur général helvétique Michael Lauber pour « abus d’autorité et entrave à l’action pénale » et contre « des membres à déterminer de la direction du MPC [ministère public de la confédération] et de la FIFA ».

Selon nos informations, cette plainte pénale est actuellement traitée par le procureur extraordinaire suisse Stefan Keller. Lequel a ouvert, en juillet, une procédure pénale contre MM. Lauber et Infantino. Cette enquête vise trois rencontres secrètes entre les deux hommes, en 2016 et en 2017.

« De multiples violations de la charte olympique »

Dans la dénonciation transmise à la responsable de l’éthique et de la conformité au CIO, Pâquerette Girard-Zappelli, Me Renz « invite, par ailleurs, la commission exécutive du CIO à s’intéresser de manière proactive (…) aux faits qui font l’objet de deux autres plaintes pénales qui ont été déposées par des tiers auprès de la justice pénale fédérale en mai et juin à l’encontre de M. Infantino ».

Elu en janvier au CIO, soit quatre ans après son intronisation à la tête de la FIFA, M. Infantino a été blanchi par le comité d’éthique de la Fédération internationale, le 19 août. Soit trois semaines après l’ouverture d’une procédure pénale à son encontre.