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Messieurs

Ade Ayeyemi (Ecobank) : « Une entreprise qui ne change pas meurt. Rappelez-vous Air Afrique… »

Aux commandes de la banque panafricaine depuis cinq ans, le Nigérian appréhende la crise liée au Covid-19 comme le meilleur moyen d’accélérer l’innovation technologique.

Ade Ayeyemi, banquier nigérian à la réputation d’intraitable cost cutter, vient de fêter ses cinq ans à la tête d’Ecobank.

Arrivé en septembre 2015 dans une institution comptant 11 millions de clients et 200 millions de dollars de bénéfices avant impôts, mais affaiblie par des accusations de mauvaise gouvernance et d’incompétence, ce vétéran de l’américain Citi a eu fort à faire pour redresser la banque panafricaine, présente dans 33 pays du continent.

La clientèle et les bénéfices annuels ont doublé sous son mandat. Une progression obtenue au prix d’un lourd tribut : le groupe compte désormais un tiers d’agences bancaires en moins – il en restait moins de 850 à la fin de 2019 – et a perdu près d’un quart de ses effectifs, pour descendre à moins de 15 000 salariés.

Au début d’octobre, au cours d’un entretien d’une heure en visioconférence depuis le siège de la banque à Lomé, c’est un Ade Ayeyemi volubile et fier de son bilan qui est revenu pour Jeune Afrique sur la transformation numérique qu’il a engagée, les difficultés que rencontre la banque au Nigeria et l’impact de la pandémie de Covid-19, qui a contribué à une chute de 22 % du bénéfice net au premier semestre.

À l’approche de ses 58 ans, le patron a également évoqué son propre avenir au sein du groupe.

Jeune Afrique : À la fin de mars, vous disposiez de très peu de temps pour fermer vos agences dans une grande partie du Nigeria. Un défi symptomatique de l’accélération de la numérisation provoquée par le Covid-19 ?

Ade Ayeyemi : La pandémie nous a totalement pris de court. Lagos, un État voisin [Ogun] et Abuja – soit une grande partie de l’économie d’Afrique de l’Ouest – nous ont donné quarante-huit heures pour fermer nos agences [dans le cadre du confinement local], afin d’éviter des pertes en vies humaines. Mais les gens devaient continuer de vivre leur vie, de toucher de l’argent et d’en transférer vers d’autres régions du pays.

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